mercredi 1 juillet 2009

Viaduc du Silence

Brrr, quel grand trou noir depuis mon dernier délire.
Occupé ? Un peu.
Indifférent ? Pas vraiment.
Écrasé de Chaleur ? Peut-être.
Alors, quoi de neuf ?
Ha oui ... l'Eté.

Un grand voyage dans l'univers du vin, Bordeaux, Vinexpo, probablement le plus grand salon mondial autour du vin.
Bien sur, l'objectif est de travailler, de mieux connaitre ce monde fascinant.
Mais que de bonheurs aussi à découvrir, simplement, directement, des vins offert à notre dégustation et dont les étiquettes sont des rêves de gastronomes.
Parler avec ces gens qui les élèvent et qui nous reçoivent sans snobisme, sans emphase ridicule.
Découvrir les vins d'ailleurs, apprendre des moyens nouveaux pour partager la connaissance et le goût du vin.
Quatre jours intenses à vivre dans une bulle hors du temps et de l'espace.
Se sentir tellement privilégié de pouvoir être reçu dans la cour des grands.
Bien sur, les noms du "top ten", restent encore inaccessibles, réservés à une élite professionnelle ou fortunée.
Mais grand merci aux autres, ceux dont nous ne pourrons peut-être jamais acheter une bouteille et qui nous ont laissé approcher de la grâce en des dégustations passionnées en passionnantes.

Bien à l'image de ces éblouissements, notre séjour a commencé par une fête en ville, celle de la musique coincidant avec une autre, plus locale, la fête du fleuve.
Ambiance chaleureuse, délices encore dans les boutiques et explosion d'un feu d'artifice d'une longueur et d'une intensité créative peu commune.
Également la tranquille amitié de nos hôtes, chez qui nous résidons tous les deux ans, et qui font un peu partie de nos cousins d'ailleurs.

Après Bordeaux et ses airs d'océan, la diagonale du fou vers Montpellier, la méditérannéenne.
Là encore des hôtes charmants, une chambrette sous les toits et un "bémol" une chaleur intense de jour comme de nuit.

Pourquoi cette virée au sud ?
La plus belle des raisons, être avec des amis pour leur fête de mariage.
Plusieurs partages, une promenade vers un lieu symbolique et un échange de mots, de regards, de pensées, un acte d'amour en cadeau aux amis.
Puis une belle fête, mets et vins en accord.
Des bulles, beaucoup de bulles, une mariée renversante, finalement renversée...dans la piscine.


Ici, à Lyon, l'appartement dévasté par le cyclone chantier, l'impression que jamais tout cela ne finira, mais la constatation au quotidien des pas faits en avant.
Vendredi, nous fuyons vers notre Haute Loire, chercher l'air léger des "Sucs" les promenades calmes et l'abri du tilleul au milieu de la cour, le hâvre de paix familial.

Erôme.
Entre amis, chaleureux, nous inventons la vie,
Rassemblés tout autour des tables débordantes,
Ô...... dieux des libations, que de gais sacrifices,
Maintes fois répétés, des toasts à l'amitié,
Et la joie de partir pour mieux se retrouver.

Il est 20h à Lyon, 2h du matin demain à Shanghai, 11h ce matin à San Francisco.

mardi 16 juin 2009

Humanité

Une belle histoire, vraiment.
Ce matin, je me rendais au Lycée St Bruno des Chartreux pour faire passer des épreuves de BTS.
J'avais choisi, pour passer de ma colline à celle de la Croix Rousse, le bus n°45.
Ce n'est pas le moyen le plus rapide, mais le circuit est un vrai "city tour", grimpant la colline de Fourvière, plongeant dans les profondeurs de Vaise, remontant la colline de la Croix-Rousse et c'est direct, une fois assis, il n'y a plus qu'à se laisser porter.
Ce matin, donc, je prends le bus et je vois que celui-ci ne va pas jusqu'à ma station, il ne couvre qu'une partie du trajet.

Je décide d'aller jusqu'à son terminus et d'attendre le suivant.
Le chauffeur me dit qu'il y a une grève qui commence à 7h30 et que le bus suivant risque de ne pas passer.
Je lui dis mon souci pour les BTS et décide de changer mon itinéraire en prenant plusieurs correspondances, funiculaire, métro, funiculaire et marche à pied.
Je descends pour attendre le bus suivant et suivre mon "plan B" s'il n'arrive pas...
Le conducteur, après un instant, vient me rejoindre et me dit "Remontez, je vous amène à votre station, je ne veux pas pénaliser vos élèves, je serai en grève à 7h30, mais avant, je vous dépose".
Et voilà, en route pour la Croix-Rousse avec un bus 45, rien que pour moi.
Cela ressemble aux miracles de la légende dorée de St Jacques, que nous avons souvent entendu, racontée sur le Chemin de Compostelle.

Ce matin, j'ai rencontré un "honnête homme", et je suis heureux de le faire savoir.
Il s'appelle Patrick BURLOUX.
Le 16 mars, la St Patrick aura un sens de plus pour moi.

Il est 22h à la Croix Rousse, 4h demain matin à Beijing, 13h à Sacramento.

samedi 13 juin 2009

Dire ici, Dire là, Dirladada

Deux semaines de silence, pourtant il s'est passé des choses dans le monde et dans "mon" monde.
Alors, quelle flemme m'a pris ?
Peut-être la confirmation de mes craintes au sujet des élections européennes.
Pour avoir tenu un bureau de vote et avoir assuré le dépouillement, j'ai pu voir de façon très concrète la désaffection des électeurs, les seniors sont là, même moins nombreux, mais ce qui cloche, c'est la relève.
Le moyenne d'âge des présidents et assesseurs flirte avec la soixantaine.

Au dépouillement, cela s'améliore un peu, quelques "quadras" la font baisser vers la cinquantaine.
Les Quarantièmes rugissants, les Cinquantièmes hurlants, c'est vrai en mer, pas dans le 9ème arrondissement de Lyon.
L'UMP a "gagné" avec 25% des votants, soit moins de 10 % des électeurs ???
Les autres, bien sûr, sont "représentatifs" selon la même proportion.
Alors les maux de têtes des uns et les grosses têtes des autres veulent dire quoi ?
Qu'ils n'ont pas compris comment rendre l'Europe familière à tous, importante pour tous.
Bon, voilà pour le monde...

Dans mon monde, la vie va parfois un peu trop vite, mais elle va.
La préparation de la saison d'été dans la maison de Haute-Loire.
Un journée de rdv avec les artisans du crû, la vie, la vraie, pas comme chez Auchan.
L'insolite " Zone Wifi", toujours sur un banc, dans la rue principale en face de l'abribus.
Les gens qui passent sont bien un peu surpris de me voir assis là, mon MacBook sur les genoux, mais on est discret en Haute-Loire et personne ne manifeste.
La beauté du ciel, même s'il est plus frais qu'en ville, nous donne une légèreté nouvelle.
Et puis la "grâce" de la relation sans chichis avec nos amis d'ici.
Bien sûr, on parle de la pluie, du beau temps, mais ces mots prennent ici un sens plus complet qu'en ville, une réalité tangible. Ce n'est pas du remplissage, c'est le fondement de la vie quotidienne.

Et puis, il y a mon amie gitane, Esméralda, alias Cathy, qui va avoir fini son "Chemin" de Lyon à Jérusalem, commencé le 29 janvier à 8h sur le plateau de la Croix Rousse et qui va revenir en juillet à Lyon.
Ce n'est sûrement pas tout à fait elle qui revient, c'est celle que le temps et la marche ont forgé et que je suis bien impatient de découvrir.
Et puis il y a mon petit-fils Jules, qui me décore la vie de sourires.
Et puis il y a les prémices du chantier des travaux en vue, une révolution, la remise à plat de la partie vive de la maison, la cuisine, la salle de vie, salon, repas, amis.
Et puis il y a le rêve de reprendre, Françoise et moi, un "petit" bout de Chemin pour boucler Compostelle en le reliant à Lyon par les 140 kms qui mènent au Puy, 10 jours début septembre.
Et puis voilà, c'et tout pour aujourd'hui.

Ma Grosse Montre Altimètre, Baromètre, Boussole, mais qui donne quand même l'heure, me dit qu'il est
18h à Lyon et à St Maurice de Lignon, 00h à Shanghai, 9h à Sacramento.

Merci, voilà un mot qui sort des habitudes.
Merci, ça voulait dire aussi avoir pitié.
Merci, "dieu en aura plus tôt de vous mercy".
Merci, aux uns aux autres, qui dira ce merci ?
Merci, des uns des autres et qui pourra l'entendre ?

mardi 2 juin 2009

Fais du Feu dans la Cheminée

L'instinct nous pousse à nous serrer les uns contre les autres pour nous protéger du froid, depuis la nuit des temps, tous les animaux font comme cela, sang chaud ou sang froid, même réaction à l'agression extérieure, faire bloc.
Et puis voilà que l'homme s'est convaincu d'être "l'animal supérieur" la création la plus avancée d'un dieu qu'il a imaginé pour se faire peur et pour se rassurer.
Alors, il a inventé l'individualisme, le culte de soi, la mystique du nombril.
Bien sûr, il n'est pas question de faire ici l'éloge de la fourmi et de son organisation dédiée à la collectivité.
Mais le "tout pour moi" dans lequel nous sommes entrés depuis une décennie va nous conduire à un cataclysme encore plus grave qu'une quelconque guerre nucléaire.
Tous les noyaux qui constituent notre société explosent, la cellule familiale, le cercle professionnel, l'univers de l'éducation, tous ces ferments de rassemblement sont maintenant utilisés comme des supérettes où chacun choisit dans les rayons ce qui l'intéresse à un moment précis.
Les seuls liens subsistant sont des unions " contre", pas des associations "pour".
L'imprécation remplace l'imagination.
J'adore le mot "valeur", mais il a été tellement torturé par des fascistes demeurés ou par des vendeurs de rillettes que personne n'ose plus l'utiliser.
Pourtant, si nous soumettions nos actes, comme dans une chaine industrielle, à une vraie " analyse de la valeur", que de réponses nous aurions aux questions que nous ne nous posons même pas.
Alors, que chacun de nous rassemble autour de lui 5/10 personnes, famille, amis, collègues, inconnus d'un instant, pour parler simplement de ce que sera demain, de ce que pourrait être après-demain, de ce qu'il ne faut peut-être pas qu'il soit.
Même si nous n'avons pas de cheminée, unissons nous autour d'un âtre symbolique, imaginaire, voulu.
Et parlons, saoûlons nous de dire, d'entendre, de contredire, mais pas de médire, ni de maudire, encore moins de rester sans mots dire.

Il est 23h à Lyon, 5h demain matin sur la Chine éternelle, un peu plus ailleurs, un peu moins autre part, mais le temps nous entoure et nous lie, laissons le nous unir.
Bon vent et belle mer à tous.

Il y a combien de temps ? C'était... je ne sais plus.
Mais tu es toujours là et, même du bout du monde,
Nous reprenons l'instant et la conversation,
Que nous avions laissé, Il y a combien de temps ?

vendredi 29 mai 2009

Retour en Europe....Continentale

Retours après retours, nous voici revenus, un peu, à Lyon.
Tous les échos se mélangent un peu, les informations venant de toute part se heurtent dans une grande cacophonie, hermétique, cosmétique, ésotérique, soporifique.



Hermétique, à force de se vouloir transparente.
La trouille entraînée par le "devoir de précaution" conduit tout individu investi d'un quelconque pouvoir ou d'une responsabilité publique à vouloir tout expliquer: Pourquoi il avait prévu ceci, pourquoi il n'avait pas pu prévoir cela, avec un luxe de détails et de références techniques qui noient tout le monde et rendent le brouillard un peu plus épais.



Cosmétique, car l'information s'attache à ne nous donner que deux visions du monde:
D'un côté les horreurs les plus brutales afin que nous ne nous sentions pas si mal là où nous sommes ou que cela nous excite pour des combats fanatiques et par là même désespérés.
D'un autre côté, la dorure sur plastique pour nous faire rêver à ce que nous pourrions être, que cela n'est pas si difficile puisque "ceux là" y sont arrivés. Toute une offre marchande de Star Ac et autre Nouvelle Star....
Polir la surface, cacher les fêlures sociales comme les rides d'un visage qui se veut toujours jeune.

Ésotérique, par l'appel aux "spécialistes" qui nous débitent un verbiage savant, de préférence à toute allure, style "Dr House".
Sauf que dans les feuilletons TV, il y a parfois des "play off " qui nous montrent toute l'équipe en train de s'esclaffer sur une bourde ou un dérapage verbal.
Dans le cas des "spécialistes", rien de tel, ils nous assènent avec le plus grand sérieux des raisonnements abscons qu'ils contrediront énergiquement la semaine suivante si le vent tourne. (Cf la Criiiiiise).


Soporifique, c'est là le pire, à force d'être bombardés de tout et de rien, de surfer de calamités en grand-messes joyeuses, nous sommes anesthésiés, incapables de faire notre choix dans ce flot tumultueux et fangeux de l'information quotidienne.
Comme Mithrydate et son venin inoculé pour s'y rendre insensible, nous sommes devenus inertes à force de doses de plus en plus fortes de cette cocaïne d'images.



Heureusement, il y a le voyage, dès que nous sortons de nos "prés carrés", dès que nous nous mettons un tout petit peu en danger pour l'ailleurs, nos sens se réveillent et le premier d'entre eux: Le sens critique.

Bien sûr, nous en usons parfois pour "râler" pour "rouspeter stérilement", mais peu importe, nous sommes sur le chemin de la Rédemption, de la reconquète de notre humanité contre le "moutonnage" mondial.

Alors, que les Anglais veuillent ou non être Européens, ce n'est pas seulement leur problême, c'est le nôtre aussi.
Pour voir l'Europe, il faut être loin d'elle.
Pour souhaiter l'Europe, il faut en entendre parler par ceux qui n'y sont pas.

Lyon me semble bien douillet, un gros bourg, 12% de Londres, 8% de Shanghai.
Alors "Only Lyon" ????

Il est 20h30 sur Lugdunum, il est 19h30 sur Londunum, il est 2h30 demain matin à Xian

Navire voguant vers d'improbables ailleurs,
Tourbillonnant d'étranges langues étrangères,
Écrin pour amants de passage,
Passage ? Pas sages ?

lundi 25 mai 2009

Propos sur le bonheur

Londres, quel bonheur, être là, avec cet accueil de joie et de douceur.
Être là comme si nous y avions toujours été.
Nous sommes arrivés à South Kensington avant-hier, ce lieu nous était brutalement étranger.
Aujourd'hui, c'est "notre quartier"...

Donc, nous voilà "Londoniens".Bizarre capacité d'accoutumance, d'imprégnation plutôt.

Bien sûr, ici, les choses sont plus simples qu'en Chine, la langue est différente, mais moins étrangère, les habitudes sont autres, mais moins éloignées.
Le bus du City tour nous a mis la ville en perspective, la marche nous a donné le vision planétaire de la cité.
Mais surtout Londres c'est le formidable moment d'une "retrouvaille".
Nous ne sommes pas là par hasard, mais c'est quoi le hasard ?
D'abord le soleil, ce n'est pas la première chose qui vient à l'esprit en pensant à Londres, mais voilà, nous avons eu deux jours d'éblouissement, de chaleur méridionale.
Les parcs, les pelouses, les fleurs, toute la ville éclate de printemps.

Quelle diversité, le monde entier est présent ici, conséquence de l'empire britannique défunt ?
Probablement, 30% des personnes vivant ici n'y sont pas nées, il faut une incroyable solidité pour tenir, avec ou contre cela.
Sensation de vie palpitante, télescopages multiples, digérer toutes ces différences n'est pas aisé.
Beau désordre non???

Voilà, c'est ce qui m'est venu sous les doigts...
Il est 23h00 à Londres, 22h à Lyon, 4h demain matin à Shanghai.

Va à la rencontre de l’Autre !
Celui qui t’apportera ce qui plus que tout t’importe
Et qui pourra prendre de toi mille douceurs…

jeudi 21 mai 2009

Hier, Aujourd'hui, demain

Hier:
Reprise de vie lyonnaise, le métro, un peu en grève, mais dans lequel personne ne semble très heureux d'être là, pas de regards, encore moins de sourires.
Pourtant, il est mignon notre métro lyonnais, un peu jouet d'enfant avec ses deux ou trois wagons, ses sièges confortables, ses annonces en français, et en français, voire même en français.
Vous avez dit international, ha oui, c'est vrai " L'internationale sera le genre humain" mais pas "Only à Lyon"...

Aujourd'hui:
L'orage tourne autour de Lyon,
Le vent brasse les arbres et les hirondelles voltigent comme des acrobates.
Une belle journée familiale, cumulant des plaisirs multiples:

Un anniversaire, Un bébé Jules retrouvé après 6 semaines de Chine, Une Ascension symbole de réunion, et un Raton Laveur, bien sûr.
Un peu trop de vin, après ces jours sans, là-bas, un beau repas chaleureux, la douceur d'être là et la certitude d'être au bon endroit au bon moment.

Demain:
Jour de transition, après le rangement des bagages déballés, la préparation des bagages pour repartir, moins loin, mais au pays des "Aliens".
Une ile que ne se veut autre que seule face au monde, confite en orgueil, oublieuse de la fin des empires coloniaux.
Allons, là bas aussi l'amitié nous attend, toile douce tissée par nos soins attentifs, comme le fil de soie, le lien se tend, s'étire dans l'espace, mais ne peut se rompre.


La nuit tombe, l'orage n'a pas éclaté,
il est 22h30 à Lyon, Il est 4h30 demain à Shanghai, Il est 13h30 à San Francisco.

Toute cette douceur qui envahit mon corps,
Tout cet apaisement qui calme mes pensées
Ce secret partagé avec des inconnus intimes.
Mais c'était donc si simple ?